Robes de Voyages, Voyages de Robes--------------------------------------
Performances : Dégriffages - Fabrication de tissus d'étiquettes, mises en robes, textes de Nathalie Travers, Yvette Le Gall et Lise Lérichomme
Dégriffage Public, participation d'un entourage. France, Espagne, Madagascar, Équateur
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Photographies de la performance dégriffage de Patrice Goasduff
Dégriffage public*, 2001, sur une invitation de 40 Mcube, Nathalie Travers* et Anne Langlois
Pour Dégriffage (Territoire, 1998-2004) à Rennes, Catie de Balmann a revêtu sa tenue de peintre sur
laquelle transitent, à l’aide d’épingles, des taches de tissus qui, en s’additionnant, créent un coupon.
Dans cette collecte d’étiquettes de vêtements, signature d’un couturier ou support publicitaire (que
l’on exhibe ou dissimule), Catie s’approche au plus près des gens. Ce n’est pas toujours aisé, faisant
intrusion dans notre intimité, elle implique une proximité à laquelle nous ne sommes pas habitués.
« Je nous vois reliés par ce point de contact : un fil, l’étiquette que je découds, nos silhouettes se
confondent le temps du travail ». Finalement, elle nous débarrasse du caractère social et surfait du
vêtement pour expérimenter une approche plus subjective et personnelle. L’habit retrouve alors sa
fonction première de seconde peau dans une utopie de l’individu unique, déconnecté un temps du
phénomène de mode – de représentation publique. De ces extraits cousus à l’envers (qu’elle nomme
son tableau de chasse), elle confectionne un tissu destiné à un styliste pour qu’il imagine pour elle,
un nouveau vêtement.
Texte de Nathalie Travers, extrait du catalogue 40mcube, 2002.
*Territoire : la robe est associée à un éléphant de la collection Mémoires d'éléphants de Jean-Paul Sidolle
www.memoires-elephants.com, http://jpsidolle.free.fr/De%20Balmann%20549.htm
https://www.40mcube.org/actionsperformancesvideos/
Remerciements pour les dégriffages à : Fred Place, Florence & Nicole Savin, Claire & Lucie Sénéchal, Betty Nguyen, Madeleine Van Doren, Skall, Marcelino Suarez, Marina Diaz Suarez, Christophe Richarté, Sophie de Balmann, Gaston de Balmann, René Ollereau, Tere Recarens, Soraya Lalttali, Lolita Tyl, Bénédicte Fruneau, Rémy Peyard, Virginie Vuong, Anne de Villèle, Naji Kamouche, Arnaud Jusiewicz, Nathalie Travers, Valérie Travers, Carlos Piña, Marta Porras, Ivàn Arroyo Goicoechea, ....Liste à compléter
Les étiquettes sont agencées sur leur envers pour former les coupons de tissus : Territoire, Précipice, Piste, Hauts Plateaux, Poussière, Oasis…
Pour exposer les divers coupons tissus d'étiquettes dans l'espace public, je fais des commandes de robes-combinaisons à d'autres créateurs, ces réalisations constituent la collection et les performances. Robes de Voyages, Voyages de Robes. Chaque robe porte un nom en relation avec un paysage et est conçue pour une performance spécifique, tourner, s'éplucher, sauter, défiler, rouler, courir…
Elles sont portées principalement par des femmes.

Agnès Clausse
Le 9 février 2008. Lors de la déambulation à Antananarivo, hommage à Zohra Sidat, "Hors les murs" du Centre culturel Albert Camus, Bérenice Gulmann
C’est en 1998 que je débute le paysage Couverture, avec l'action Dégriffage Public, qui devient plus tard Couture de Territoires ou encore Robes de Voyages, Voyages de Robes. En 2005 avec ma récolte, je pars à Madagascar pour faire une unique robe, je rencontre plusieurs créateurs de mode malgache, mon coupon avec les étiquettes est trop petit, pour tous les faire travailler, alors je récupère des surplus d’étiquettes auprès des usines délocalisées, mais aussi sur les fripes importées des pays d’Europe, puis je produis des étiquettes au noms de structures culturelles et aux noms d’acteurs culturels. Le tout implique des entreprises du secteur textile et du secteur culturel. 24 robes sont créées, chacune d’entre – elle, est conçue pour une performance (une histoire) et se réalise avec un autre créateur. Hagamainty, Loa Andriasomanana, Angela Rajaonarivo, Juliana Anjavola, Evelyne Fock (stylistes), Mamy Rajoelisolo (peintre), Nasreen Toorawa (styliste et modéliste) et Renaud Buénerd (plasticien).
À chacune des étapes de ce travail (Dégriffage Public, Voyages de Robes, Robes de Voyages), le terrain (plastique) s’agrandit, se renouvelle, proportionnellement aux rencontres faites.
L’horizon multicolore que dessinent les accumulations d’étiquettes, sur un principe participatif des populations, est donné à voir sur une verticale. Le tissu est redressé en robes, celles-ci permettent la station debout et la mobilité, habitées principalement par des femmes, elles déplacent – localisent – superposent divers paysages réels – plastiques – locaux – globaux – économiques…
Dans ces investitures, les personnages deviennent d’étranges conquérants à la fois nomades et sédentaires, ils sont parfois mis, lors de la performance, dans une situation de déséquilibre, et nos yeux assistent à leur stabilisation…
Il s'agit d'une performance et d'une peinture dans l’espace public. Cette pièce plastique se joue dans différents registres, principalement dans le quotidien des porteuses et porteurs des robes.
Ces robes sont-elles une interrogation sur la protection de l’homme, un moyen d’échange de travail entre des créateurs, des artisans, des industriels et des acteurs culturels ? …
Depuis des interstices d’un secteur sensible comme la filière textile, cette recherche m'amène à concevoir des tenues de travail.
Le travail est une base d’équilibre pour l’individu (et gagner de l'argent avec est une reconnaissance sociale dans les pays dits développés).
Peau de Lémurien est une tenue de travail spécialement conçue avec Renaud Buénerd pour la primatologue Jane Foltz. Cette scientifique étudie les modifications des territoires des propithèques (type de lémuriens). Voir rubrique Voyage d'une robe à Ialatsara :https://catiedebalmann.e-monsite.com/pages/oeuvres-1/peau-de-lemurien-jane-foltz-renaud-buenerd.html et Peau de Lémurien avec Jane Foltz à : https://catiedebalmann.e-monsite.com/album/
Portraits de porteuses des Robes de voyages
Le temps d'une pause pour cette jeune lavandière tananarivienne.
Fleuve Ikopa, Antananarivo. 2007. Photo 90 x 60 cm. Dos. 2006 mis en habit avec Juliana Anjavola
Point de broderie avec Landy Ranaivoarison. Modèle : Clotilde Razuamahemina.
La culture est la protection principale de l'individu.
Ambositra, avec la médiatrice culturelle, Fanja Raoelison, juin 2009. Une invitation de Kolots'art et de l'Alliance française de Madagascar.
Rennes, Mai 2007. Une invitation du Triangle, Yvette Le Gall et de station mobile, Nathalie Travers.
Huit institutrices ont porté huit robes durant une journée pendant leurs cours.
Texte d'Yvette Le Gall et de Nathalie Travers. Autre texte de Lise Lerichomme, avril 2007. Triangle et station mobile de Rennes.
Bonne pêche pour cette Bretonne !
Yvette Le Gall se lance dans le prêt des Robes de Voyages… Les robes sont prêtées pendant toute la durée de l'exposition aux personnes qui souhaitent les porter, que ce soit pour une soirée, sur leur lieu de travail…
Installation – dispositif dans le puits de lumière au Triangle, Rennes, mai 2007.
Extrait vidéo :
BRODÉE AU FIL ROUGE
Les voir enfin ! Quel plaisir de les toucher, de les porter, d’en apprécier la texture, les formes, les couleurs. Prélever, épingler, assembler, coudre, broder ; voyager, échanger, relier sont quelques-uns des gestes et des actions qui constituent la collection Couture de Territoires.
La première ROBE à voir le jour est Territoire 1998-2005. Confectionnée à partir d’un assemblage d’étiquettes de vêtements, sa réalisation a été confiée à Hagamainty. Conçus par Catie de Balmann, ces coupons sont « mis en habit » par les stylistes malgaches Angela Rajaonarivo, Juliana Anjavola, Evelyne Fock, Mamy Rajoelisolo, Loa Andriasomanana et bien d’autres plus tard…
Tout commence par un dégriffage dans l’espace public en 1998. L’artiste sollicite les passants, prélève les étiquettes de leurs vêtements, les agence à l’envers en patchwork coloré constituant un tissu. Les marques ainsi « retournées » perdent leur fonction première pour devenir des motifs, des parcelles de paysages intimes, affectifs, économiques… Catie de Balmann décide de partir à Madagascar rencontrer des créateurs de mode et les implique dans la création de ses robes. Précipice, Dos, Poussière sont fabriqués à partir de surplus d’étiquettes négociées auprès d’entreprises de prêt-à-porter délocalisées là-bas, en zone franche.
L’atelier de l’artiste, c’est le monde. En écho au commerce mondialisé ou peut-être à la marchandisation du monde, les artistes font circuler leurs propres « productions », porteuses d’un regard décalé, symboles d’autres possibles. Catie de Balmann recycle la matière « étiquettes de marques » pour créer des vêtements habités par des modèles qui les porteront.
Comme une seconde peau qui n’est plus l’« enseigne » d’une marque, mais plutôt d’une identité à la fois personnelle et plurielle, tissage de métissages culturels.
La visibilité d’un tel processus de création prend corps sur des corps qui deviennent des paysages, images, peintures…
Les corps enveloppés dans ce « tissu social » élaboré comme principe participatif inventent une manière d’être dans un espace de relations où l’art et la vie se mêlent. Pour Catie de Balmann, l’art et la culture engendrent des rapports au monde bénéfiques, un échange de valeurs dont la personne est le cœur. Ainsi les porteuses de robes seront en mouvement dans un espace créatif où le fil rouge des broderies pourrait bien être le signe de nouveaux liens entre les êtres humains.
Yvette Le Gall et Nathalie Travers

Le Blosne III, 2007. Photographies 90 x 60 cm, Dos, 2007 mis en habit avec Juliana Anjavola. Modèle : Yvette le Gall

Piste, Port de Brest, 2007, mise en habit avec Angela Rajaonarivo. Modèle : Nathalie Travers, coproduction : station mobile.
https://youtu.be/7IByAv2r-z8?si=qBPj5oDjYJ519lFS
Diaporama Rennes, 2007, 5'08"
https://youtu.be/bzedkXQ2xDU?si=AbtDIW4XPoCPFyxp
Diaporama Écoles du Blosne, 2007, 29''
(Remplacer le diaporama par le film vidéo de la déambulation, ajouter le diaporama des interventions à L'école Thorigné)
© Catie de Balmann
Robes de Voyages, Voyages de Robes. Texte de Lise Lerichomme.
L’exposition présentée au Triangle du 22 mai au 30 juin 2007 réunit les œuvres correspondant à l’aboutissement d’un projet commencé par Catie de Balmann dès 1998. Robes de Voyages, Voyages de Robes, Couture de Territoires fait suite à une recherche menée des années par l’artiste autour du textile. Ce projet évolutif interroge et confronte des notions aussi différentes que celles d’esthétique, de création, de déplacement, d’échange, d’artisanat ou encore d’économie dans son acceptation la plus large.
En 1998, Catie de Balmann commence à collecter des étiquettes sur des vêtements. Elle fait alors appel aux dons de personnes de son entourage. Les personnes volontaires participent alors à ce qu’elles appellent un dégriffage public (dans l’espace public). Ces étiquettes sont ensuite épinglées ensemble sur leur envers pour former le premier coupon de tissu, Territoire 1998-2005. L’étape suivante est la création d’une robe, en collaboration avec un styliste malgache. Suivront d’autres robes découpées dans ce patchwork d’étiquettes. Chacune est créée par un styliste différent en collaboration étroite avec l’artiste.
L’exposition présentera ces robes, des photographies et des films sur les différentes performances réalisées avec ces robes.
Les robes sont destinées à être portées. Elles sont rendues « vivantes » par les personnes qui les portent, qui les intègrent dans leur quotidien.
Ces robes sont aussi le symbole d’un échange et de la création d’un certain « tissu social ».
Catie de Balmann voit ses robes comme des paysages en résonance avec chaque lieu et chaque personne.
Le travail d’exposition pourra être abordé sous des angles divers :
En premier lieu, ce travail d’assemblage peut être considéré sous un aspect purement formel et plastique. Ici les couleurs et les textures forment une véritable « peinture » et l’aspect « poilu » et soyeux du revers des étiquettes constitue une véritable matière picturale. L’aspect morcelé apporté par la juxtaposition d’étiquettes de vêtement renvoie par ailleurs à l’idée d’un territoire où les coutures deviennent de possibles frontières. Mais ici le patchwork, loin d’isoler chaque étiquette, les rassemble en un ensemble qu’il faut percevoir comme un véritable paysage. « La mise en habit » de ces coupons de tissus par la création de robes interroge la notion d’espace mais aussi de volume.
Par ailleurs, le travail de Catie de Balmann peut être vu sous l’angle du déplacement. Ces robes sont des robes-paysages constituées d’une juxtaposition de territoires. Catie de Balmann effectue de multiples voyages à Madagascar afin de créer des liens solides avec les partenaires qui l’accompagnent dans la réalisation de son projet. Le voyage est alors vu comme un échange mais aussi comme le mélange et la confrontation de deux cultures. Ici le projet permet d’aller à la rencontre des gens, que ce soit à Madagascar ou dans les différentes villes où le projet se déplace.
Cette collection de robes fait appel à la notion de commerce. Deux conceptions de l’économie, bien distinctes, sont confrontées dans ses œuvres. L’artiste met en parallèle l’idée de commerce comme échange. Elle place face à face une culture libérale de la consommation (les marques commerciales) et une culture de récupération, de réutilisation, de recyclage, proprement africaine.
Ces robes peuvent aussi amener à un questionnement propre au vêtement, en ce qu'il constitue une interface avec l’autre. La robe se fait seconde peau et devient lieu d’échange. Ici le vêtement est vu comme un symbole d’une relation entre un individu et son environnement, qu’il soit spatial ou social.
De plus, chaque robe possède ses propres caractéristiques plastiques et, portée par des individus aux morphologies différentes, les robes acquièrent une nouvelle identité à chaque « rencontre ».
Le travail de Catie de Balmann est riche de sens et, s’il autorise un éclairage particulier, chaque notion est intimement liée aux autres. Le projet Robes de Voyages, Voyages de Robes constitue un véritable tissu où les références s’entremêlent.
Remerciement à :
Zakaria Barhdadi, Catherine Bouttier, Djilloul Djaid, Cyrielle Faure, Charles-Édouard Fichet, Yvette Le Gall, Lise Lérichomme, Grégoire du Pontavice, Claire et Lucie Sénéchal, Nathalie Stanguennec, Joanna Szpak, Nathalie Travers.
Nirina Andrieux, Véronic Balland, Claire Baudoux, Céline Boisgerault, Anne Bonis, Alexandra Burguière, Nadia Elhadi, Lucie Miguet, Moufida Fedhila, Nolwen Flock, Nyam Sandrine, Ida Hrickova, Colette Juhel, Sophia Grassot, Valérie Grison, Nathalie Jacquet, Colette Juhel, Pauline Lachambre, Audrey Le Coz, Sandrine Lugo, Sandrine Mucyowera, Sandrine Nyam, Isabelle Poirier, Alethia Pusa Duènas, Malala Rafiringa, Céline Rivault, Anne-Claire Rivereau, Céline Rothe, Fabienne Thault, Véronique Verdon, Véronique Villedieu, Christine Zazial.
Le Triangle, station mobile, l'école de Thorigné, l'école d'art de Rennes, la patinoire Le Blizz de Rennes, CoifMod (du centre commercial Italie à Rennes).
Merci aux participantes et aux participants.
Photographies et pièces plastiques : Catie de Balmann






https://youtu.be/LqLCa0A4qE0?si=ZRbz1ZeAIVDcX9K4
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